• Nanikoise

Je longeais cette haie boisée...

formée de ronces et d’épines où je tentais de me frayer un passage .

J’arrivais non sans peine dans une clairière noyée de lumière aux alentours de midi.

L’espace qui s’offrait à moi semblait immense, entièrement rond où de somptueuses

fleurs jaunes et blanches parsemaient le sol. Je contemplais la faune et la flore qui exaltaient la nature. Je me berçais aux cris des vagues lointaines qui venaient frapper les hautes falaises.

Je m’enivrais à pleins poumons de cette odeur de mer salée, littéralement transportée par la toute-puissance de ce lieu spirituel.

Tout s’harmonisait parfaitement dans ce splendide panorama. J’accueillais à bras ouvert la beauté, la quiétude et la simplicité que me révélait l’île de Patmos. Je me prosternais en un instant, agrippant mes doigts autour des brins d’herbe à s’y méprendre à du velours. Est-ce que tout dans cette contrée provenait du paradis ?


J’enfouissais alors ma tête face contre terre, pendant de longues secondes, je humais ainsi la vie, profondément presque amoureusement !

Comment ne pas éprouver cette gratitude passionnante et à la fois dévorante ? Absorbée ici, dans la présence de Dieu, à l’aimer et à l’adorer, sur les terres mêmes où l’Apôtre Jean eu la vision de l'Apocalypse. Je fermais ainsi les yeux remplis de larmes, reconnaissante de vivre ce moment unique.

 

Je franchissais enfin la barrière qui me séparait de mon identité céleste. Je brisais les codes et me moquais du « qu’en dira-t-on ? » Je dépassais mes peurs, mes doutes, mes craintes… Je ne me reposais plus sur aucune autre chose que ma foi, et sur Sa fidélité. L’implacable vérité prenait place, plus tranchante qu’une quelconque épée à double tranchant, le miroir de ma vie éclatait. Terminer ces états d’âme moroses, cette lassitude constante, ces scènes de cinéma orchestrées en une vie parfaite. Je ne voulais plus jouer l’actrice ni persister à entretenir ce corps malheureux à l’allure désossée, désarticulée. Ici, à Patmos, je revenais auprès du Père.


Je renaissais purifiée, pardonnée, réconfortée.


Que la vie semble étrangement rude parfois. Nous êtres humains que nous sommes, voulant subsister sans lumière. Accrochés à des choses vaines et sans saveur, alors que nous périssons chaque jour un peu plus. Bien- aimés, écoutez et regarder  avec votre cœur !

Vous ne pourrez que chanter, crier en Son honneur, et vous souvenir des

prodiges qu’il a faits.


Douce journée,

Nanikoise


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