• Nanikoise

Les haïkus...

Le haïku est un type de poème particulièrement court (3 lignes) d'origine japonaise. J'en ai fait la découverte cet été durant mon cours de création littéraire. Parce que je trouve toujours intéressant de composer avec les mots, je vous partage mon humble réflexion sur cet art de l'écriture. Tout d'abord, il m'a fallu en lire beaucoup. J'ai pris le temps de lire et d'apprécier ce type de poèmes assez singulier sur internet.


Au travers de mes lectures, j'ai ressenti que les haïkus ont cette capacité à impacter intensément, mais parallèlement avec une pointe de douceur, d’innocence parfois. Par ailleurs, mon intérêt s'est davantage tourné vers les auteurs asiatiques versus les autres nationalités qui s'y sont collées. La nature, les saisons, les émotions y étant très fortement exprimées. Je m’y suis facilement identifiée. En lisant ces textes, il m’était facile de me projeter visuellement dans certains poèmes, et de les comprendre. Le but de susciter une émotion demeure un élément très présent au travers des trois lignes que chaque auteur s'efforce de produire tout en bienveillant au respect des contraintes (nombre de syllabes imposées, précision dans les termes, récit d'une histoire).




Dans un contexte de création, l'exercice périlleux est de toucher les cœurs, transmettre une émotion, en décrivant l'instant présent. Cet instant vécu par le lecteur donne cette impression de connexion. Parce qu’un haïku bien exécuté, c’est celui qui arrive à raconter une histoire en peu de mots. Je me suis donc tournée vers ce que j’avais à disposition : l’ouïe, la vue, le goût, l’odorat, le toucher. Quels étaient les éléments autour de moi, dans mon environnement où ma pensée créatrice aurait pu produire quelque chose d’inattendu ? La nuit qui tombe, le levé du jour, les insectes rampants sur une plante, mon intérêt indiscutable pour les cerisiers japonais. Autant de choses ordinaires à regarder avec un œil différent. Prenant ces éléments simples, il me fallait jouer sur l’intensité, les reliefs, les détails que l’on ne perçoit plus, car invisibles dans notre environnement quotidien. Des précieux trésors masqués par la poursuite d’une vie à cent à l’heure. Composer ces haïkus s’est révélé comme s’il fallait mettre la vie au ralenti voire carrément sur pause. Impossible d’être inspirée par les haïkus sans mentionner le travail de réécriture, et de relecture. Les nombreux essais, le comptage de syllabes, la recherche du bon mot, la variété des synonymes pour obtenir au final un poème qui semble n’avoir causé aucun effort.


Ainsi, je vous partage mes haïkus :


Vers l’horizon

En effleurant un nuage

Sur son lit de mer


le silence jaillissant

des pages tissées de coton, de fin lin

d’un recueil de poésies


Châle du printemps

À la tombée de la nuit

Bal de sakuras


Larme solitaire

Le temps d’un battement de cil

Effacer par la brise


Cet amour indécent

Sceller sous une cuirasse de chair

Incendie de l’âme


sous un ciel étoilé,

entremêlant les âmes errantes

parmi la cité des dieux


Robuste, corsé

À l’aube d’une douce matinée

Les arômes du Brésil


Par ailleurs, il existe pour les amoureux des mots, plusieurs groupes Facebook où les membres proposent leurs textes. Si la curiosité vous pique, laissez-moi savoir.

Également, j'ai découvert ce site de Haïkus, un vrai trésor !!!



Au plaisir de partager,

Douce soirée !


Nanikoise xoxo

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